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Microdrama · · 2 min

Microdrama : qui regarde vraiment ? Pas qui vous croyez

Omdia : les hommes forment 54 % du public du microdrama au Royaume-Uni. Ce que ce chiffre change pour une marque qui hésite à lancer sa série verticale.

Le microdrama, c'est pour les femmes. Tout le marché le répète en boucle et les marques de beauté s'y sentent chez elles.

Omdia a interrogé des spectateurs dans quatre pays au printemps. Au Royaume-Uni, les hommes représentent 54 % des utilisateurs de microdramas, selon BroadcastPro ME. Aux États-Unis, 50 %. En Espagne, 47 %. Seul le Brésil colle au cliché, avec 29 % d'hommes. Sur l'ensemble des marchés étudiés, le public masculin pèse 47 %, et la responsable de l'étude, María Rúa Aguete, estime que producteurs et plateformes sous-estiment l'ampleur de leur audience, d'après le communiqué d'Omdia. (Pas de données françaises dans l'étude. On s'en doutait un peu.)

Qui regarde un microdrama, au fond ?

Tout le monde, ou presque. Dentsu a sondé 8 400 consommateurs dans douze pays : un sur cinq regarde déjà des microdramas, et la moitié de ces spectateurs disent qu'ils iraient se renseigner sur une marque aperçue dans un épisode, selon Dentsu.

Chez My Drama, la part d'hommes parmi les utilisateurs mensuels est passée de 1,1 % mi-2024 à 30,3 % début 2026, rapporte TVREV. Un marché qui recrute à cette vitesse hors de sa cible d'origine n'est plus une mode. Omdia le chiffre à environ 14 milliards de dollars cette année et près de 25 milliards en 2031.

Ce que ça change pour une marque

D'abord, le genre. Si la romance a lancé la série verticale, Omdia suggère que la comédie, le thriller, le polar ou l'action élargiraient encore le public. Une marque automobile, un assureur ou une banque ont donc autant de raisons de produire un microdrama de marque qu'une marque de parfum. La question n'est plus « est-ce que mon client regarde ça ? », mais « quelle histoire mérite qu'il reste jusqu'au douzième épisode ? ».

Ensuite, la méthode. Un microdrama n'est pas un spot découpé en tranches. C'est une fiction de marque, avec des auteurs, des comédiens et un réalisateur bien réels (l'IA aide, elle ne remplace pas ceux qui savent tenir un suspense en 90 secondes). Chez SUPRADRAMA, studio de fiction parisien, six microdramas ont été produits depuis 2022 ; le format de marque va de 2 à 12 épisodes de 60 à 90 secondes, à partir de 50 000 €. Jamais Trop Tarte, pour Interfel, a dépassé les 10 millions de vues avec six épisodes d'1'30.

Le public du microdrama est plus large que l'idée qu'on s'en fait. Reste à savoir ce qu'il coûterait de le rejoindre : le simulateur donne un ordre de grandeur, et le studio fait le reste.

Par Julien Lévêque, cofondateur de SUPRADRAMA. LinkedIn →