Microdrama et IA : faut-il produire sans comédiens ?
Le microdrama généré par IA coûte bien moins cher qu'un tournage. Reste à savoir ce qu'on y gagne quand tout le monde peut produire la même image.
Est ce que c'est possible de faire encore moins cher ?
Sans doute.
Si on regarde les chiffres la différence entre une heure de fiction verticale générée en IA reviendrait à environ 20 000 dollars, contre 150 000 en tournage réel, d'après un studio indien cité par TheWrap.
C'est normal de penser comme ça, lorsqu'on vise mille séries par mois d'ici la fin de l'année. En Chine, plus de 10 000 titres générés sortiraient chaque mois, selon une note de VML.
Alors, que vaut un microdrama généré par IA ?
L'IA excelle dans le spectacle et l'époque : mythologie, dystopies, batailles, tout ce qu'un budget de fiction ne vous permettait pas de faire jusqu'à présent. De l'aveu même d'experts elle peine en revanche sur la nuance de jeu, c'est pour cela que la comédie reste encore relativement épargnée par la déferlante, la ou la romance plus simple est plus facile à mettre en oeuvre.
Dans cette perspective, la prise de vues réelle conserve encore un peu un avantage dès que l'histoire repose sur l'émotion. La machine sait fabriquer un dragon. Elle sait moins faire un regard gêné devant une machine à café.
Coté public, les plateformes assurent que leurs séries générées retiennent l'attention aussi bien que les autres. Un article de TheWrap note toutefois que les spectateurs occidentaux y viennent plus lentement. Côté marques, c'est plus net : la moitié des consommateurs américains dit préférer celles qui n'utilisent pas l'IA générative dans leurs publicités et leurs contenus, selon une étude Gartner relayée par Next.
Microdrama IA ou tournage réel : que choisir pour une marque ?
Ce qui est certain c'est que l'industrie ressent déjà les remous de l'IA. À Los Angeles, les castings de fiction verticale ont fondu en quelques mois, et des comédiens affirment avoir retrouvé leur visage dans des projets générés sans leur accord, rapporte Project Casting, qui reprend une enquête du Hollywood Reporter.
La bonne question n'est pas IA ou tournage. C'est qui écrit ? qui dirige ? qui joue ?
Quand l'image ne coûte plus rien, tout le monde a la même. Ce qui redevient rare, c'est une histoire et quelqu'un pour l'incarner. C'est le pari de l'hybride, celui de SUPRADRAMA : l'IA comme outil, au service d'auteurs, de réalisateurs et de comédiens bien réels et de plans qui ne sont pas accessibles aux budgets de la fiction courte. Le reel pour le jeu et les émotions.
Une fiction de marque tient en 2 à 12 épisodes de 60 à 90 secondes (voir C'est quoi un microdrama de marque ?). À cette échelle, ce n'est pas sur les comédiens qu'on fait des économies décisives. Pour chiffrer le vôtre, le simulateur répond plus vite qu'un prompt.
