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Fiction de marque · · 2 min

Microdrama : les marques invitées à financer la série des autres

Upfront à Singapour, microdramas de marque mensuels chez Hoorae : le microdrama se vend désormais comme la télé. Ce que ça change pour une marque.

Le microdrama se vend désormais comme la télé : un an à l'avance, sur scène, à des annonceurs. Mercredi à Singapour, COL Group (la maison mère de FlareFlow), V47 Entertainment et Virtue Asia ont dévoilé leur grille 2027 lors d'un « upfront » du microdrama (adaptations de webtoons coréens en tête d'affiche), selon Variety. L'argument de vente a changé. Il ne s'agit plus de placer un produit dans une série verticale, mais d'inviter les marques à devenir partenaires de développement, productrices exécutives ou financières, avec une part de la propriété intellectuelle à la clé. Le catalogue existe. Il cherche des cofinanceurs.

Une marque doit-elle financer un microdrama qui n'est pas le sien ?

La proposition a du charme. Vous n'écrivez rien, vous ne tournez rien, vous entrez au capital d'une histoire déjà calibrée. Le président de V47 prévient d'ailleurs que l'histoire passe toujours en premier (traduisez : la marque arrive après). C'est précisément le point. Une part d'IP sur My Sweetheart's a Gangster, c'est un actif. Ce n'est pas votre message.

Aux États-Unis, le modèle ressemble plutôt à de l'achat média. Hoorae, la société d'Issa Rae, prévoit environ un microdrama financé par une marque par mois à partir de janvier 2027, vendu avec intégrations, amplification payante et étude de brand lift, rapporte Ad Age. La responsable média de Poppi y voit un coût proche d'un partenariat social autour d'une série, loin d'une intégration complète. Autrement dit, la marque loue une place dans la fiction de quelqu'un d'autre. Pas idiot pour tester. Insuffisant pour exister.

Qu'est-ce qu'on possède vraiment dans un microdrama de marque ?

Fox et Endemol Shine adaptent Fear Factor en microdrama d'horreur de trente épisodes de trois minutes, en production physique avec réalisateur et scénaristes crédités, alors même que la plateforme d'accueil se présente comme « AI-first », selon The Hollywood Reporter. Quand on tient une franchise, on ne la confie pas à une machine. (Ce qui ne rend pas l'outil inutile : il sert les auteurs, pas l'inverse.)

Les annonceurs ont réglé le problème de l'attention, pas celui du retour, et une microsérie à 500 000 vues sans retombées vaut moins qu'une autre à 200 000 vues qui convertit, selon Digiday. Une part dans l'IP d'un autre ne règle pas cette équation. Une fiction de marque écrite autour de votre problème, si. SUPRADRAMA, studio de fiction, en a produit six depuis 2022 ; Jamais Trop Tarte pour Interfel a dépassé les 10 millions de vues en six épisodes d'1'30.

Par Julien Lévêque, cofondateur de SUPRADRAMA. LinkedIn →